La croisière s'amuse
Le bateau est parti à 6h du matin lundi 23 janvier de Puerto Natales (Chili), nous étions en train de dormir dans les lits douillets de notre cabine. L’embarquement s’était réalisé la veille au soir car le ferry navigue continuellement entre Puerto Natales et Puerto Montt. A peine arrivé et rechargé qu’il repart en quelques heures. En tous cas, au petit déjeuner nous voguions déjà tranquillement dans les fjords de la Patagonie chilienne. Cette navigation était bien plus qu’un simple transport, la compagnie organise, du moins pour la période australe, une vraie croisière mêlant l’utile et l’agréable. Contrairement aux ferries européens, à bord de l’Evangelista la pension était complète, avec menus sympathiques, bons et équilibrés, le personnel de bord aux petits soins, des conférences, diaporamas et films documentaires durant les trois jours de voyage qui ont complété nos connaissances sur la faune, la flore et autres formations géologiques, des animations mais pas trop sophistiquées les soirs, musique d’ambiance légère et suave, tranquillité et sérénité au rendez-vous. Le capitaine ne manquait pas de nous donner des explications sur notre itinéraire tandis que deux guides assuraient l’un en espagnol l’autre en anglais les conférences. Les paysages traversés étaient magnifiques et nous sommes passés à proximité d’un glacier qui se jette dans la mer. Au gré des méandres, nous avons vu plus d’un animal marin : dauphins, lions de mer et baleines minke, albatros, cormorans et une multitude de gaviotes. Les eaux des fjords et l’océan que nous avons à peine emprunté étaient calmes, aussi sages qu’une image. Et pourtant… Je n’ai pas le pied marin. La première et la dernière partie de la croisière se sont déroulées dans les bras de mer. Celle-ci est canalisée et modérée par le relief des îles et de la cordillère qui y plonge ses dernières pentes. La navigation ressemble plus à un cheminement dans un canal à plus d’un égard. Mais arrivé à l’embouchure du Pacifique, nous entrions l’océan pourtant très calme. Mais le roulis est plus prononcé, ça tangue légèrement juste ce qu’il faut pour le sens de l’équilibre soit perturbé. En un quart d’heure à peine, je me suis sentie très fatiguée, nauséeuse. Les symptômes d’un premier mois de grossesse à la mode « Steph ». Aussi, direction la cabine, le lit et les toilettes à proximité, bardée de petroleum et tabacum homéopathiques. Quand je dis que le préfère la montagne… Dire que certains ont connu cette croisière dans une mer déchaînée, je n’ose même pas penser à quoi je pourrais ressembler en pareil occasion. Finalement, la nuit est arrivée et bercés (je me sentais quand même un peu yoyo) par les petites vagues nous nous sommes retrouvés le lendemain matin déjà dans le golf de Puerto Montt au large des côtes de l’île de Chiloé. Le troisième jour est redevenu ainsi comme le premier : gentil. En tous cas, nous remercions beaucoup nos amis routards qui nous ont conseillé Navimag et sa croisière car le guide du routard en parle à peine, juste un entrefilet dans la rubrique transport. C’est bien dommage. Nous avons débarqué vendredi matin vers 8h30 alors que le bateau avait accosté au port avant l’aube, laissant même le temps aux passagers de prendre l’ultime petit déjeuner.
Maintenant nous allons mettre à profit les 2 semaines ½ restantes à découvrir paisiblement la région des lacs et de remonter tout doucement jusqu’à Santiago. Le bus étant trop contraignant dans les déplacements, nous avons loué une voiture pour nous donner plus de liberté de mouvement car cette partie du territoire chilien est mité d’une multitude de merveilles. Le programme n’est pas fixé avec précision mais le cap est lancé vers le nord.
A bientôt
Les Ribell’chiliens